Expatriés en Angleterre depuis un an, ce couple de Français pensait faire un investissement immobilier il y un an. Mais la chute de l’immobilier conjuguée à l’assèchement du crédit ont changé la donne : Et le recours à des pratiques juridiques peu conventionnelles lors des transactions immobilières ont achevé de les en dissuader.

Avez-vous envisagé un investissement immobilier en Angleterre ?
On y a pensé un moment. La vérité, c’est que peu d’expatriés achètent des biens immobiliers en Angleterre : quand c’est le cas, ils investissent massivement pour acquérir un bien de standing nettement inférieur à ce qu’on peut trouver en France pour le même prix. Aujourd’hui,  le marché de l’immobilier a chuté de près de 12%. Et la grande question, c’est : jusqu’où va-t-il dégringoler ? On est plutôt contents de ne pas avoir acheté en Angleterre car de nombreux investisseurs expatriés se retrouvent coincés du fait de la perte de valeur de leurs biens : et il n’ont pas intérêt à partir aujourd’hui.

Avez-vous été choqués par les pratiques immobilières en Angleterre ?
Quand on est français,  c’est en effet très choquant. Nous ne sommes pas habitués à ça en France car l’achat d’un bien immobilier est très encadré juridiquement. Ici, les pratiques sont parfois malsaines, et je dirais même indignes d’un pays développé. Il y a par exemple ce qu’on appelle le « Gazumping » : un vendeur revient sur sa promesse pour céder son bien à un acheteur plus offrant. Et ce, en toute l’égalité : c’est monnaie courante dans un marché concurrentiel. Et ça peut faire perdre beaucoup d’argent au premier acheteur.

Quels autres effets de la crise ressentez- vous au quotidien ?
Il y a la dévaluation de la livre qui diminue les salaires et affecte l’épargne. Les prix à location des appartements restent très élevés. Récemment, on a reçu une lettre de notre fournisseur d’énergie nous indiquant qu’il augmentait ses tarifs de 29%. Avec la hausse des tarifs au printemps, on arrive à près de 50% d’augmentation sur un an : c’est simplement hallucinant. Une telle flambée des prix serait totalement surréaliste en France grâce à l’indépendance énergétique du pays. Vous comprenez bien que dans ce climat, rien n’incite à rester. Même les Anglais nous demandent : « Mais qu’est-ce que vous venez faire ici ? »

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